Il y a ce qu'on est et se qu'on dit. Selon moi, le blues est une marnière d'expliquer les choses et de se les sortir des tripes, avant que ça tourne au vinaigre – un éventail de notes pour éviter qu'on souffle avec un trop plein de tout. S'il parait que le bonheur, c'est du chagrin qui se repose, le blues pourrait être son hamac. Bien sûr, le blues peut être féroce, mais si vous lisez bien entre les petites lignes, c'est toujours d'un appel au secours qu'il s'agit. Regardez les bluesmen, regardez leur vie et leurs chaussures grises de poussières, ce sont avant tout des hommes seuls, échoués des choses et des gens et qui savent mieux que quiconque exprimer la douceur de ce qui aurait pu être en vous dépeignant son exact contraire. Il y a ces appels au secours et les oreilles pour les écouter, c'est sûr. Plus rarement, il y a des bras pour vous hisser au niveau des autres, vous tirer là où l'air est plus chaud. Pour moi et tous ceux qui ont eu la chance de connaître l'Heure joyeuse, ces bras ont été ceux de Paul. Il nous e en quelque sorte ramenés à la vie, les autres et moi. Je ne prétends pas que ce centre soit une usine à miracles, une machine à fabriquer des handicapés heureux et dont on ressortirait avec la banane en plus de la frite. Si un tel endroit existait, ce serait le paradis et croyez moi, je suis bien placé pour savoir qu'il n'est pas sur terre.
Cahin-Caha